Protection de l’enfance, madame Bouquin ne fait pas de cadeaux !

Le collectif VIJIE relaie ici le communiqué de presse de l’association Solmiré :

Madame Bouquin et les autres élus départementaux ont passé de bonnes fêtes de fin d’année !
Ce fût moins gai pour les enfants que le département du Doubs a choisi de laisser dormir dehors…

Par une campagne d’affichage en ville l’association Solidarité migrants réfugiés (Solmiré) alerte l’opinion publique sur la situation des enfants étrangers que le département du Doubs condamne à l’errance et aux dangers de la vie à la rue.

La prise en charge des enfants étrangers arrivés seuls sur le territoire français relève de la mission de la protection de l’enfance et à ce titre incombe au département. En période hivernale, respecter cette obligation légale n’est pas la priorité de madame Bouquin, présidente du département du Doubs pour qui cette responsabilité semble davantage relever d’une charité tout à fait optionnelle.

Les enfants étrangers sollicitant la protection du département sont laissés à la rue si leur détresse est exprimée en dehors des horaires d’ouverture du service… Le département a ainsi récemment choisi de ne plus mettre en place d’accueil d’urgence dans ces situations. Un enfant qui s’adresse au département le vendredi à 14H trouvera donc porte close et aucun abri ne lui sera proposé jusqu’au lundi suivant ! Les responsables du département n’ont jusqu’alors pas souhaité répondre aux différents courriers de l’association Solmiré les interpellant sur ce manquement à leur mission de protection de l’enfance.

Ces derniers mois l’association Solmiré a également déploré de nombreuses mises à la rue d’enfants dont le département conteste la minorité. Ces enfants de 15, 16 ou 17 ans doivent alors trouver les ressources nécessaires pour contester en justice la position du département. Si ces recours sont pour eux le plus souvent victorieux, la procédure peut s’étendre sur plusieurs mois les exposant à une longue période de vulnérabilité.

L’association Solmiré constate également de nombreuses illégalités dans la procédure d’évaluation de la minorité telle qu’elle est menée par le département du Doubs. Pour exemple, les jeunes n’ont pas toujours accès à un interprète parlant leur langue ou encore, certains jeunes voient leur âge contesté alors même qu’ils disposent de documents d’état-civil attestant de leur date de naissance… Le département refuse également de saisir le procureur en vue du placement de l’enfant dans les 5 jours suivant son accueil comme cela est légalement prescrit1.

Quant aux enfants étrangers reconnus mineurs et pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, certains d’entre eux sont aujourd’hui encore jetés dehors dès leurs 18 ans par le département. Pour eux la politique des élus départementaux ne fait pas de cadeaux.

A Besançon le 14 janvier 2020

L’association Solmiré